Batman : The Dark Knigth

Tu luttes contre la camisole de force, un peu, parce que c'est évidemment ce qu'attendent les matons et que tu détesterais les décevoir, ho oui, et tu passes ta langue sur tes lèvres desséchées. Un peu de visite est la bienvenu, tu as beau faire, Arkham est d'un ennui ! Que du blanc, partout, partout, partout, et tu ferais n'importe quoi pour un peu de couleur, vraiment. Même les uniformes bleus des gardes qui entrent l'un après l'autre dans la cellule capitonnée sont presque un délice pour les yeux. Et puis, plus on est de fous, plus on ri-it !
"Bienvenu dans mon humble chez moi Messieurs !"
Tu souris, c'est ce que doit faire un hôte, et on peut dire beaucoup sur toi, mais certainement pas que tu négliges tes visiteurs, n'est-ce pas ?
"Vous m'excusez de ne pas vous serrez la main, mais vous savez ce que c'est, huh ?"
Tu hausses une épaule pour souligner la camisole, et offres ton plus beau sourire au maton en chef.
"Agent Johnson! Quel plaisir de voir votre - heu - visage bouffi en cette belle journée ! Ha ho ! Et qui est ce falot visage derrière vous ? Un petit nouveau..." Tu fredonnes quelque notes d'une chanson dont tu as oublié les paroles, et penches la tête.
Tu sais que la visite à ta cellule tient désormais d'épreuve du feu pour les bleus. C'est sûr que s'il fallait compter sur ce drogué de Crane pour l'animation, autant lui trancher les veines tout de suite, au moins la panique s'ensuivant vaudrait le coup ! Et puis ça ferait de la couleur, hummm. Tu adores les bizutages, ha, tant de bêtise et d'aveugle stupidité sont toujours si divertissantes...
"Debout, Joker," ordonne Johnson avec une expression soigneusement figée. C'est qu'ils apprennent, huh ? Et l'expérience leur a prouvé que moins tu en sais sur eux, mi-eux ils se portent. Ils ne font pas de très bons compagnons de jeux, huh. Mais tu es magnanime, ils font ce qu'ils peuvent, après tout.
"Ho, déjà ?" Tu te hisses en t'adossant le long du mur avec une grimace excitée. "C'est l'heu-eure de farfouiller dans les têtes ! Ana-a-lyser ! Est-ce que ta mamounette te lisait des histoires le soir, huh ? Ton papa te battait ? Est-ce-que la maîtresse t'humiliais devant le reste de la classe ?"
"Ta gueule Joker," grogne Johnson en te poussant devant-lui. "Taré," ajoute-t-il entre ses dents.
"Ha ho, Johnson, vil flatteur, tu sais parler à un homme, humm. Mais il faut que je te dise chou, ça ne va pas être possible entre nous, je suis désolé. Mon coeur - oui, oui, j'en ai un - appartient à un au-autre ! Mais bien entendu nous pouvons rester amis, non non, ne pleure pas-ha !"
Derrière-toi Johnson émet le gargouillement d'un homme qu'on vient d'égorger - il respire comme un boeuf, aucune classe -, et sa matraque vient te cueillir dans le creux des côtes, explosion, décharge de douleur dé-li-ci-eu-se qui remonte le long de ta colonne vertébrale. Avec un grognement tu viens t'affaler contre le nouveau, un petit jeune bien propret derrière les oreilles qui t'attrape et te repousse debout comme s'il avait peur que tu lui refile une cochonnerie rien qu'en le touchant -on ne dirait pas comme ça, mais la camisole, sans les bras, ça n'améliore pas le sens de l'équilibre, ha.
"Ha ha ha, ça c'est mon Jonny... Petit cachottier, tu ne m'avais pas dit que tu aimais ça vi-o-lent... Je me demande ce qu'en pense ta Betty, huh ? Elle aime ?"
"Ta gueule, putain de dégénéré ! Si tu la boucle pas je te jure que- "
"Joe, du calme, tu sais bien qu'il cherche que ça. Et si tu le tabasses tu vas avoir des ennuis. Et toi Joker, boucle la, ou tu vas jeûner ce soir."
Ca c'est le numéro deux du trio fantastique, l'agent Bernz. Bernz est beaucoup moins facile à provoquer que ce cher Johnson, mais tu sais que ce n'est qu'apparence. Si tu trouves le bon point où appuyer il tombera en morceaux. Il agit comme s'il gardait son calme, mais au fond de lui, ha... au fond de lui tu le terrifies. Ca se voit dans ses yeux.
Tu passes ta langue sur tes lèvres, jusqu'à la commissure, sur la peau noueuse à la naissance des cicatrices, et tu te tournes vers le bleu. Il te regarde avec le regard d'un faon pris dans les phares d'une voiture, pathétique.
"Hé, petit, tu veux savoir comment j'ai eu mes cicatrices ? J'étais pas beaucoup plus jeunot que toi gamin, plein de foi et de-"
Bernz te pousse, pas fort, mais suffisamment pour te faire trébucher.
"J'ai dis ta gueule, si tu veux parler attend d'être dans le bureau du Doc."
Tu te laisses faire, parce que si tu les forces à te tabasser tu vas encore perdre du temps. Les psys sont si divertissants, et tu ne voudrais pas manquer l'occasion, ho non. Et puis courir après les voitures en aboyant, c'est amusant un temps, mais... ha... parfois, c'est tellement plus satisfaisant de les dégommer au lance-missile, n'est-ce pas ?